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Pas d'exportations sans les banques : l'infrastructure invisible derrière le succès de la Suisse
Pas d'exportations sans les banques : l'infrastructure invisible derrière le succès de la Suisse

Montres, café, or et médicaments : leurs exportations sont essentielles au succès de la Suisse. Mais un bon produit ne suffit pas : l'exportation doit également être financée et garantie. Les banques apportent leur soutien en fournissant l'infrastructure nécessaire.
Les exportations de marchandises constituent un pilier essentiel de la prospérité suisse. Environ 45 % du produit intérieur brut provient de la vente de biens à l'étranger.
Mais les transactions internationales sont complexes : acheteurs et vendeurs ne se connaissent souvent pas, les cadres juridiques diffèrent, les devises étrangères posent problème et les procédures sont longues.
Afin que les entreprises suisses puissent proposer leurs produits et services dans le monde entier, les banques créent les conditions nécessaires à un financement stable.
La liquidité, moteur du commerce
Les crédits bancaires permettent aux entreprises d’accepter des commandes sans grever excessivement leurs propres liquidités. En effet, les transactions internationales immobilisent des capitaux : plusieurs mois peuvent s’écouler entre la commande, la production, l’expédition et la réception du paiement.
Voici les motifs de crédit les plus courants : 1. pour la production (crédit de préfinancement/crédit de fabrication), 2. pour faire le pont entre la conclusion du contrat ou la livraison et le paiement par l’acheteur (crédit fournisseur ou crédit client et cession de créances).
Couverture contre les risques
Ces types de crédits présentent une caractéristique typique : les banques assument généralement le risque de défaut de paiement de l’acheteur – couvert par des assurances privées de crédit à l’exportation. Afin de permettre l’exportation même vers des pays instables, il existe en outre l’Assurance suisse contre les risques à l’exportation (SERV), de droit public. Elle couvre également le risque de « force majeure ».
En cas de délais de livraison longs notamment, il existe en outre le risque que la devise étrangère se déprécie entre la conclusion du contrat et le paiement, ce qui réduit d’autant les recettes de l’exportateur. De telles baisses de cours peuvent réduire considérablement la marge. Mais les entreprises peuvent se protéger contre de telles pertes, par exemple en couvrant le risque de change au moyen d’opérations à terme sur devises.
Les relations commerciales exigent de la confiance
Outre l’infrastructure financière, la confiance entre les partenaires commerciaux est essentielle au succès du commerce extérieur. Les banques offrent la sécurité nécessaire à cet effet. Les garanties bancaires assurent l’exécution du contrat par l’exportateur et les lettres de crédit garantissent le paiement par l’importateur.
De plus, les banques facilitent la conquête de nouveaux marchés, car elles disposent de connaissances du marché local et de réseaux internationaux de banques correspondantes. Ce soutien est particulièrement pertinent lors de l'établissement de nouvelles relations clients – et donc décisif, surtout en période de turbulences géopolitiques.
En 2025, les conflits commerciaux avec les États-Unis ont notamment conduit de nombreuses PME suisses à considérer l'Asie du Sud-Est et l'Europe comme des marchés de débouchés de plus en plus importants, tandis que les États-Unis perdaient de leur importance.

Toute la Suisse en profite
Le financement et la sécurité offerts par les banques dans le domaine de l'exportation sont particulièrement déterminants pour les PME. En effet, contrairement aux grandes entreprises, celles-ci disposent souvent de réserves financières plus limitées et ne possèdent pas d'instruments propres de couverture du risque de change.
Les crédits bancaires constituent donc un levier économique : ils permettent aux entreprises de réaliser un chiffre d'affaires à l'exportation supérieur à ce qu'elles pourraient atteindre avec leurs propres moyens financiers. Le produit intérieur brut et les recettes fiscales augmentent ainsi, et les échanges internationaux de technologies et de savoir-faire s’intensifient.
Les PME représentant environ 40 % du volume total des exportations, le soutien à l’exportation ne profite pas seulement aux grandes entreprises des agglomérations suisses, mais à l’ensemble du pays.










