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Ce qui rend les banques suisses uniques, ce n'est pas la gestion de plus de 9000 milliards

Ce qui rend les banques suisses uniques, ce n'est pas la gestion de plus de 9000 milliards

30.3.2026

Les banques relient les ménages, les entreprises et l'Etat, et permettent ainsi à l'économie de fonctionner. Roman Studer, directeur général de Swiss Banking, explique pourquoi beaucoup de choses seraient à l'arrêt sans les banques et pourquoi la place bancaire suisse est un succès à l'exportation.

Les banques sont présentes au quotidien dans nos vies : par exemple, lorsque notre salaire est versé sur notre compte, que notre carte de crédit fonctionne dans une boutique en ligne ou que notre loyer est prélevé automatiquement.

Elles garantissent également nos économies et permettent d'investir sur les marchés financiers. Les banques gèrent plus de 5000 milliards de francs d'actifs pour le compte de clients suisses.

En cas de manque de capitaux, par exemple pour l'achat d'une maison ou le développement de nouveaux produits, elles accordent des crédits : actuellement environ 1400 milliards. Sans ces flux financiers, beaucoup de choses seraient au point mort.

« Nous utilisons tous quotidiennement les services des banques, souvent sans nous en rendre compte », explique Roman Studer, directeur général de Swiss Banking. « Pour moi, les banques sont le système circulatoire de l'économie dans son ensemble : elles relient les ménages, les entreprises et l'Etat à travers tous les flux financiers. »

Ce phénomène est particulièrement marqué en Suisse, car notre place financière revêt une importance capitale au niveau international : alors que le secteur financier représente environ 4 % de la valeur ajoutée dans les pays voisins, il en représente environ 9 % ici.

Swiss Banking : un succès à l'exportation et une offre globale

« La Suisse dispose d'un ensemble de caractéristiques extrêmement difficiles à reproduire », explique M. Studer. Parmi celles-ci figurent des institutions stables, une monnaie fiable, la neutralité politique et un système éducatif de premier ordre.

« Les banques sont avant tout composées d'êtres humains : des professionnels qualifiés qui conseillent les clients et utilisent intelligemment la technologie. Cette combinaison de savoir-faire et de responsabilité fait toute la différence, en particulier à l'ère numérique. »

Stabilité en temps de crise

Des crises telles que la chute de Credit Suisse et les incertitudes géopolitiques ont ébranlé la confiance de la population. Dans le même temps, la concurrence s'intensifie avec des places financières telles que Hong Kong, Singapour ou Dubaï, qui dépensent des milliards pour attirer les entreprises et les fortunes, souvent avec le soutien de leur Etat.

C'est précisément dans de telles périodes, souligne M. Studer, que les atouts de la Suisse tels que la stabilité, la neutralité et la sécurité juridique prennent toute leur importance. A cela s'ajoute la diversité de la place financière : environ 230 banques assurent la diversification.

Plus de 9000 milliards de francs sont gérés depuis la Suisse, un niveau historique. M. Studer est confiant pour la suite : « Le secteur bancaire suisse a déjà été déclaré mort à plusieurs reprises, mais il est aujourd'hui plus fort que jamais à l'échelle mondiale. »

L'intégralité de l'entretien est disponible dans le podcast «Der Blutkreislauf der Gesamtwirtschaft»

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